Téléphone au volant : la suspension de permis arrive, et vos tournées avec
Depuis le 1er août 2026, les préfets de l’Yonne et de la Haute-Loire suspendent le permis des conducteurs pris le téléphone à la main. Un mois la première fois, deux mois en cas de récidive, en plus des 135 euros et des trois points. La décision est administrative : le préfet la prend sans passer par un tribunal. D’autres départements ont annoncé qu’ils feraient de même.
Si vous employez des commerciaux ou des techniciens, faites le calcul pour un seul d’entre eux. Un mois sans permis, ce sont ses rendez-vous à redistribuer, des clients à rappeler pour décaler, et un collègue qui prend sa tournée en plus de la sienne. Le contrôle qui déclenche tout ça dure deux minutes, un mardi matin, sur une départementale.
Ce que le téléphone fait à un conducteur
Nos modules décrivent la conduite comme un enchaînement : le conducteur repère une information, l’analyse, puis agit sur son véhicule. Il recommence plusieurs fois par seconde sans y penser. Quand il baisse les yeux vers son écran, il saute la première étape. Le piéton qui s’engage, le feu stop de la voiture de devant, il ne les a pas vus, donc il ne freine pas.
Le conducteur est en cause dans 90 % des accidents. À 50 km/h, le temps d’écrire « j’arrive », vous avez parcouru 80 mètres sans regarder la route, soit un carrefour et ses deux passages piétons.
Les appels qui viennent du bureau
Avant d’écrire une consigne, regardez qui appelle vos conducteurs pendant qu’ils roulent. Dans beaucoup d’entreprises, c’est l’entreprise elle-même : l’assistante qui confirme un rendez-vous, le responsable qui demande « tu es où ? », le client à qui l’on a donné le numéro du portable. Un salarié qui voit s’afficher le nom de son chef décroche, même à 110 sur une voie rapide.
Les entreprises qui ont réglé le problème ont écrit une règle courte dans leur règlement intérieur : on ne répond pas au volant, et personne ne vous le reprochera. Elle ne tient que si la direction se l’applique, c’est-à-dire si le patron accepte de laisser un message et d’attendre qu’on le rappelle.
Reste le geste. Demandez à vos conducteurs de ranger le téléphone dans la boîte à gants, en silencieux, avant de démarrer. Posé sur le siège passager, il finit dans la main au premier bip. Le kit mains libres est autorisé, mais la Sécurité routière rappelle que téléphoner en conduisant, même avec un kit, multiplie par trois le risque d’accident.
La ligne à ajouter dans votre document unique
Dès qu’un salarié conduit pour vous, l’inspection du travail s’attend à trouver le risque routier dans votre DUERP, avec des mesures en face. La règle sur le téléphone en est une. Notez-la, datez-la, et gardez la trace de la formation que vous avez donnée à vos équipes. Le jour où un accident arrive, ce sont ces pièces que l’on vous demandera. Nous détaillons le reste dans notre article sur les obligations légales de l’employeur face au risque routier.
Chez Easy Driver, le téléphone fait partie des sujets que nous traitons en modules de dix minutes, suivis sur le temps de travail. Pour savoir par où commencer, demandez à vos conducteurs combien d’appels du bureau ils ont reçus au volant la semaine dernière.